Mesdames, resterait-il encore un peu de boulot !

 

Cheminant avec mes animaux de bât, et donc matériellement autonome, je n'en suis pas moins, presque chaque soir, à la recherche d'un interlocuteur: demander s'il est possible d'installer mon bivouac pour la nuit, sur un petit replat, plus ou moins à proximité de chez lui. Bien souvent celui-ci s'est trouvé être une interlocutrice. : « Bonjour, je voyage avec mes 2 mules de bât, depuis les Alpes, jusqu'aux Pyrénées. Y aurait-il par ici un endroit où il me serait possible d'installer ma tente, pour cette nuit ? »

Or le fait s'étant répété assez régulièrement, j'ai fini par le remarquer ; la réponse vient généralement comme ceci : « Mon mari est par là, je vais voir ce qui est possible », ou bien « Mon mari n'est pas encore rentré, il ne va pas tarder, on pourra le lui demander » ou encore, se tournant vers l'homme que je n'avais pas remarqué : « qu'en penses tu chéri, ce monsieur demande... » Manière de se donner le temps de la réflexion ? Peut-être bien, à moins que : ben voyons qui est le chef dans cette maison ? Quoi qu'il en soit, mari ou non, il est bien rare que la réponse soit négative. Sauf, et ce n'est arrivé qu'une seule fois, lorsque monsieur sert d'alibi :

C'était donc juste à la fin de cette longue longue journée, de traversée du Lauragais, le long des parcelles rectilignes et sans fin de la plaine. Le soleil est couché depuis un moment, et la pénombre est sur le point de s'imposer, lorsque je sors  de Fanjeaux, bourg bien installé sur la proéminence que je visais pour étape. La dernière maison est entourée d'un joli pré soigneusement tondu où 2 fillettes jouent et font quelques mouvements de gymnastique. Me voyant arriver, elles accourent : Oh qu'ils sont beaux, comment ils s'appellent, on peut les caresser...

J'en profite, et sans tarder vu l'heure, je questionne : « penses-tu qu'il serait possible de demander à tes parents, si je peux mettre ma tente dans votre pré, et y laisser mes mules pour la nuit ? »

Enthousiasme immédiat des 2 jeunes filles, qui courent vers la maison, appelant leur maman. Elle sort sur le pas de la porte. Je m'explique et réitère ma demande ;

« - Oh mon mari n'est pas commode du tout, je ne pense pas que cela va lui plaire .

La plus grande des filles insistant :

- Juste une tente, pour la nuit, ça ne dérange pas …

la maman se faisant plus affirmative :

- Tu connais ton père... »

Bref, je n'insiste pas et vais poser mon bivouac un petit peu plus loin sur les indications des 2 demoiselles qui embrayent sur mes talons. Je ne peux m'empécher de trouver la réaction de la maman fort dommage pour ces 2 jeunes filles. Pourvu qu'elle gardent en grandissant toute leur généreuse confiance en ce qu'elles ressentent, et que devenues adultes elle ne se cachent ainsi jamais, à leur tour, derrière l'alibi masculin.

Mesdames pour l'égalité, il semblerait qu'il reste encore un petit peu de boulot !!!

 

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Crédit photos :
Merci aux "muletiers - photographes" : Olivia Bousquet - Jacques Chenel - Claire Laurens - Olivier Michaud - Genviève Mitha Cornier - Jessica Pion Roux - Jean Claude Rivoal - Paul Jeitz - Hervé Magnin - Nicole Texier

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