Remise en selle,

Vraiment infernale cette météo. Chaque jour le retour du beau temps est prévu pour le lendemain ; peut-être pour le lendemain après midi, qui sait, avec un peu de chance. Et non, de jour en jour, de matinée grise en matinée humide, noircissant sans pitié la case suivante, elle repousse avec une déprimante régularité, l'apparition d'un soleil chétif que, même voilé, j'apprécierai de savoir un peu moins fuyant.

Depuis Nant, la grimpette sur le plateau du Larzac est assez rapide. Le sentier caillouteux se faufile entre les vigoureuses haies de buis, deux ressauts du terrain, un dernier petit colu et nous y voici, l'étroit sentier est redevenu chemin d'accès aux prairies, et la route n'est plus loin.

Longue est la route, droite est la route, je chemine sur le bas côté. Le ciel est bas. Bancs de brume, traînées humides, crachin... Enfin une courbe, une autre, un vallonnement et... la Couvertoirade se découvre enfin. Les murs gris de son enceinte ne dépareillent guère d'avec l'atmosphère qui pèse sur le plateau depuis ce matin. Oh la visite de la citée des Hospitaliers sera rapide. Mais tout de même, malgré la dernière offensive de la pluie, j'offre bien volontiers aux copines une tournée en ville.

Déserte la cité. Serai-je le seul manant à divaguer ainsi au pied du château ? Effectivement, guère de raison de musarder... Abandonnant la cité des chevaliers à sa solitude, plein sud je poursuis ma croisade solitaire.

Tiens la lumière change doucement. une petite brise accompagne la révérence des dernières traînées de brouillard bas. A bien regarder, elle semble s'imposer dans le ciel, la petite “culotte de gendarme“. Bienvenue l'amie. Oui, s'est gagné, elle prend maintenant pleinement sa place ; et l'espace soudain s'est agrandi. Certes la fatigue commence à se faire sentir, néanmoins la marche se fait étonnamment plus légère.

Passé l'autoroute, passé le village du Caylar, laissé le goudron, le ciel enfin pleinement redevenu bleu, tout autant que les pieds soudain devenus picotement douloureux, m'invitent à me remettre en selle. Depuis combien de journées ne suis-je pas remonté en selle. Pluie, crachin, fraicheur, froidure, ne laissent nullement place à une quelconque envie de trôner tranquillement sur le dos de Joséphine.

Soulagement bienvenu des pieds, mais aussi bienvenu changement de point de vue. Tête baissée dans mon errance, défiant la grisaille et la bourrasque, j'avais donc oublié ce regard différent que permet la mise en selle. Et par delà les haies, c'est une toute autre mise en scène de l'horizon, que je goûte de nouveau avec prestance, juché sur la hauteur pourtant bien modeste de mon destrier qui n'a de grandes que les z'oreilles !

 

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Merci aux "muletiers - photographes" : Olivia Bousquet - Jacques Chenel - Claire Laurens - Olivier Michaud - Genviève Mitha Cornier - Jessica Pion Roux - Jean Claude Rivoal - Paul Jeitz - Hervé Magnin - Nicole Texier

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